La petite fille espérance ... par Charles Peguy PDF Imprimer Envoyer
Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance, et je n’en reviens pas.
Cette petite fille qui n’a l’air de rien du tout.
Cette petite fille espérance, Immortelle.

Car mes trois vertus dit Dieu, les trois vertus mes créatures,

mes filles mes enfants sont-elles-mêmes comme mes autres créatures,

de la race des hommes.


La Foi est une épouse fidèle. La Charité est une mère, une mère

ardente, pleine de cœur, ou une sœur aînée qui est comme une mère.

L’Espérance est une petite fille de rien du tout qui est venue au monde

le jour de Noël de l’année dernière, qui joue avec le bonhomme Janvier (…)        et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas,
puisqu’elles sont en bois.


C’est cette petite fille qui traversera les mondes,

cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus.

 

La petite espérance s'avance entre ses deux grandes sœurs

et on ne prend seulement pas garde à elle.

 

Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux

du salut, sur la route interminable,

Sur la route entre ses deux sœurs la petite espérance s'avance

       Charles PEGUY              Le porche de la deuxième vertu